Essai Seat Leon Hybride : aussi autonome que la Catalogne

La transition vers le tout électrique est bel et bien amorcée, mais avant d’y arriver intégralement un jour, le passage par la case hybridation semble obligatoire pour les constructeurs. Au même titre que les constructeurs asiatiques, le groupe Volkswagen développe à son tour des modèles tels que la Skoda Superb iV, la golf GTE ou encore la Seat Leon hybride. Ça tombe bien, j’ai la chance de pouvoir approcher cette bomba latina

 

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Leon hybride : Flamme & Co

La Seat Leon en est à sa 5e génération. Celle-ci marque une rupture avec la précédente en termes de design. Je vous concède que si j’avais apprécié ses courbes en photos, je craque en direct… sauf avec cette teinte noire qui cache les subtilités de son style alors que sur les nouvelles BMW Série 3 et 4, ça leur rend service…

Malgré tout, on voit qu’elle arbore un style moderne, élégant et sobre. On y retrouve une nouvelle signature lumineuse adoucie, encadrant la calandre. De profil, la nouvelle Leon est plus élancée et allongée (+8,7 cm par rapport à sa devancière). En fait, sa silhouette s’éloigne de celle de la VW Golf, qui faisait office de référence, pour se rapprocher des récentes Ford Focus et nouvelles Peugeot 308. La face arrière se démarque également avec une signature lumineuse unique et son bandeau reliant les 2 extrémités. Bref, elle sort du lot.

À l’intérieur, on retrouve une planche de bord épurée de tout bouton et dotée d’aérateurs aux lignes rappelant les projecteurs. Seul un grand écran tactile de 10 pouces surplombe le tout. De loin, elle a sa propre personnalité, de près, on y retrouve des éléments empruntés à la Golf 8 tels que les commandes de températures et volume. On bascule sur du tactile et le changement ne plaira pas à tous, tant cela manque de feeling et de précision.

La simplification des commandes va également plus loin avec celles liées à l’hybridation. Point de bouton permettant de basculer du mode éco vers le mode hybride, tout comme la gestion du break (système de freinage permettant la récupération d’énergie). Tout n’est configurable que par un sous-menu de l’écran tactile, ce qui n’incite pas à jouer avec afin d’optimiser la consommation.

Si la qualité des matériaux et des assemblages déçoit sur une Golf comparativement à son prix, ces derniers sont excellents pour cette nouvelle Seat  Léon qui fait un bond en avant par rapport à la génération précédente.

On est également bien installé, notamment dans cette finition FR qui représente le haut de gamme avec une pointe de sportivité. On y retrouve des sièges en suédine noire et leurs surpiqûres rouges ou encore des inserts typés aluminium. Avec cela, la Leon propose une ambiance lumineuse agréable avec ses bandeaux lumineux configurables et parcourant la planche comme les contre-portes.
Avec ses nouvelles proportions, la Leon profite aux passagers arrière qui auront de la place pour leurs jambes comme pour la tête, y compris en version hybride. En revanche, dans cette version, le coffre se retrouve amputé de 110 l, à 270 l et fait à peine mieux que sa petite sœur la Seat Ibiza.

Leon hybride : une Seat, qu’elle est bien pour la conduire

(si vous n’avez pas la référence, honte sur vous)

Bon, je vous ai mentionné le fait qu’il n’y ait pas de bouton dédié au mode électrique ou hybride, sur la console centrale. Au bout d’une semaine d’utilisation, cela devient irritant, car pour qui n’a pas de prise électrique à proximité, vous allez vous retrouver régulièrement avec une batterie quasiment à vide et constamment utilisée par défaut.

Cela résulte d’un choix pour abaisser au maximum les émissions moyennes, la Leon Hybride démarrant toujours en mode électrique y compris à 1 %, là où on aimerait forcer de suite la recharge en basculant sur le thermique. Mais, outre ce petit coup de griffe, la Leon Hybride sait se montrer à la hauteur des attentes. Au démarrage, elle opère dans le silence le plus absolu et fait preuve de suffisamment de puissance pour évoluer avec aisance dans le trafic. Annoncé pour 60 km en tout électrique selon la norme WLTP, j’ai plutôt relevé 50 km sans pour autant avoir la légèreté d’une ballerine sur l’accélérateur.

Un bon point pour l’Ibère, d’autant que le système gère tout aussi bien la bascule avec le moteur thermique. Le 1,4 TSI de 150 ch suffit également à lui tout seul pour mouvoir la Leon même si l’on ressent le surpoids de 250 kg. Comme à l’accoutumée, 3 modes de conduite sont proposés : Eco, Confort et Sport. C’est ce dernier qui permettra de tirer parti de la puissance cumulée des 2 moteurs et avec un 0 à 100 km/h abattu en 7,5 s, autant dire que la compacte n’a pas à rougir.

Étonnamment, elle affiche un petit tempérament joueur lors de conduite intensive et l’on prend un malin plaisir à l’emmener dans les virages avec une certaine vigueur. On retrouve un bon feeling au niveau de la direction ainsi qu’un freinage convaincant. Équipée de l’amortissement pilotée (en option à 665 euros), elle sait faire preuve de douceur également malgré les aspérités de la route.

Cerise sur le gâteau, elle se montre également tout aussi plaisante à conduire et ludique, en mode hybride ou électrique. Au prix de se perdre de nouveau dans les menus, il est possible de jouer avec les différents modes du frein régénératif afin d’augmenter l’autonomie de la Leon.

Et il est plutôt bon ! Ayant un côté masochiste, j’ai voulu pousser l’exercice jusqu’à ne recharger la batterie qu’en roulant, tout en empruntant ville et voies rapides. Avec un 7.2l/100, c’est un bon score malgré le fait que le 1,4 TSI ait été très sollicité. À l’opposé, j’ai pu jouer le jeu de la conduite hybride et faire un 5.2l/100. Sachez tout de même que la batterie 12,8 kWh de la Leon se charge à 100 % en 7 h 15 à 1,8 kW, 5 h 48 à 2,3 kW ou 3 h 42 à 3,6 kW, ce qui reste suffisant pour une utilisation quotidienne.

La Leon est également à la page d’un point de vue technologie, avec des prises USB-C ou encore Android Auto et Apple CarPlay sans fil ainsi que la recharge par induction. Côté équipements de sécurité, vous retrouverez la surveillance des angles morts, le freinage d’urgence ou encore le régulateur adaptatif qui font leur job.

[…]

Conclusion:

C’est un quasi sans faute pour cette bomba latina !
Représentant un bon rapport qualité/prix, il est juste dommage que l’ergonomie n’ait pas été mieux pensée. Toujours est-il que malgré cela, il sera dommage de ne pas se pencher sur ce modèle polyvalent, bien construit et plaisant à utiliser. Peugeot, Ford, your move…

Source: https://cutt.ly/4nEWrSJ